HERZL Théodore
(1860 -1904)
Ce héros du sionisme moderne, à la fois écrivain, journaliste, sociologue, diplomate, fut un grand homme de coeur et d'action. Né en Hongrie en 1860.
Lorsque l'affaire Dreyfus éclata il fut douloureusement frappé de voir l'antisémitisme s'insinuer dans une nation généreuse comme la France, dont l'esprit l'avait conquis. Il ne connaissait guère le judaïsme; il se pencha sur l'histoire juive, cette admirable leçon d'énergie et d'amour. Et il conçut l'espoir de créer, pour ses frères du monde entier, une nation où ils puissent épanouir leurs aspirations et leurs capacités.

C'est alors qu'en une inspiration fiévreuse et frémissante, il écrivit à Paris son Etat juif, dans lequel il écrit « Il faudrait aux Juifs un Etat, dans un pays dont ils auraient la souveraineté. Il suffirait aux nations d'accorder aux masses juives malheureuses, un petit coin de terre, que le judaïsme aurait la charge d'organiser et de faire prospérer. »
Herzl se heurte, en occident, à une incompréhension farouche.
Herzl donne, à Londres, une grande conférence, organisée par son ami Zangwill, sans réussir à faire prendre au sérieux son projet.
Herzl prépare le premier Congrès sioniste de 1897 : « le sionisme a pour but de créer, pour le peuple juif en Palestine, un foyer garanti par le droit public. » Dès lors, Herzl augmente sans arrêt son activité, et les obstacles nouveaux appellent en lui des énergies nouvelles. Il fonde l'Organisation sioniste, la banque Sioniste et le Fonds de Rachat de la Terre (Keren Kayemeth Leyisraël).
« Si j’avais à résumer en une seule phrase le Congrès de Bâle – phrase que je n’oserais pas publier – je dirais : à Bâle, j’ai créé l’Etat juif. » Théodore Herzl, Journal, 1897
Chaque année, un nouveau congrès assemble les militants.
En 1902 il publia un roman d'anticipation sur la vie en Palestine, Terre ancienne-Terre nouvelle (Alneuland). Le titre de ce roman fut traduit en hébreu par Tel Aviv, et c'est ce qui donna son nom à la ville nouvelle.
Quand, en 1903, les persécutions redoublèrent en Russie, Herzl traversa l'Europe une fois de plus. Il alla trouver personnellement le ministre du tsar pour lui parler du sionisme.
Au sixième congrès de 1903, Herzl révéla une offre du ministre anglais des Colonies : celui-ci proposait de concéder aux sionistes un territoire en Ouganda, leur assurant, par charte, une complète indépendance. Ce refuge provisoire, si utile, n'empêcherait pas de poursuivre l'action en faveur de la Palestine.
Le congrès comptait cinq cents délégués et, parmi eux, près de deux cents délégués russes, qui refusèrent cette proposition et quittèrent même l'assemblée en pleine session.
Malgré la maladie de coeur qui l'accablait, il travailla avec acharnement, et organisa une réunion du Comité d'action sioniste à Vienne, en 1904. Il avait renoncé à l'Ouganda et repris ses négociations avec le gouvernement turc.
Herzl disparut prématurément en juillet 1904, à Vienne, n'ayant pas cessé de servir une des aspirations millénaires d'Israël, qu'il avait puissamment enracinée, par son labeur géant, son courage et son dévouement.